Maintenant que nous avons vu la définition d’une option, regardons le reste de ce tutoriel sur les options avec les différences entre les deux types d’options classiques en bourse :
- option d’achat
- option de vente
Les différences concernant les droits et les obligations ne sont pas les mêmes selon qu’on se place du côté de l’acheteur ou du vendeur, et selon qu’il s’agit d’un call ou d’un put. Voyons cela avec des exemples concrets.
Comprendre la différence entre option d’achat et option de vente
Un call représente une option d’achat : il accorde à son titulaire le droit d’acquérir l’actif sous-jacent.
Un put, à l’inverse, est une option de vente : il donne à son détenteur le droit de céder l’actif sous-jacent.
Quand on parle d’« obligation » dans le cas d’une option, c’est pour le vendeur : il ne sera contraint d’acheter ou de vendre que si l’acheteur décide d’exercer son droit.
La suite de ce tutoriel détaillera ces notions, exemples à la clé. Si vous êtes déjà à l’aise avec les actions, les options ne devraient pas vous perdre en route.
Deux, trois choses à savoir sur les paramètres des puts et des calls
Le nom d’une option
Le nom d’une option synthétise plusieurs informations importantes.
Avec la prime, ces éléments suffisent à identifier toutes les caractéristiques du contrat.
Dans l’exemple affiché, il s’agit d’un put sur Alstom, prix d’exercice 20 €, échéance en juin 2014 (soit le 20 juin 2014, toujours le troisième vendredi du mois sauf mention contraire). Sauf indication, un contrat d’option porte par défaut sur 100 unités de l’actif sous-jacent.
Date d’échéance de l’option
Les dates d’expiration sont généralement limitées : en règle générale, une seule échéance par mois, fixée au troisième vendredi du mois. Par exemple, une option mars 2014 aura son échéance le 21 mars 2014, après la clôture des marchés.
Pour certains actifs très liquides (actions Apple, indice S&P 500…), il existe des options hebdomadaires, avec une échéance tous les vendredis.
Exemples d’options concrètes
Exemple de call
Imaginons la situation suivante : le 8 octobre 2012, le titre Air Liquide cote 96 €. À cette date, un investisseur A achète à un investisseur V un call AI NOV2012 94 C pour 4 €.
L’investisseur A règle une prime de 4 € par action, soit 400 € pour 100 titres ; l’investisseur V encaisse ces 400 €.
L’investisseur A dispose désormais du droit d’acheter 100 actions Air Liquide à 94 € pièce jusqu’à la fin novembre (la troisième semaine, soit le 16/11/2012).
Tout se joue à l’échéance : si le cours d’Air Liquide dépasse 94 € le 16 novembre, A peut exercer son option, achète donc 100 titres à 94 €, dépensant 9 400 €. V doit vendre ces titres, même s’il ne les possède pas (il devra alors les acheter au marché).
Le coût total pour A : 94 € + 4 € de prime, soit 98 € par action. Pour que l’opération soit rentable, l’action doit dépasser ce seuil. V, qui a encaissé la prime, ne commence à perdre qu’au-delà de 98 €.
Exemple de put
Restons le 8 octobre 2012, Air Liquide à 96 €. L’investisseur A1 détient 100 actions et souhaite se couvrir contre une baisse, sans se priver d’une éventuelle hausse. Il achète à V1 un put AI NOV2012 96 P pour 3 €.
L’acheteur A1 verse une prime de 3 € par action, soit 300 € ; V1 encaisse 300 €. A1 détient le droit de vendre 100 actions Air Liquide à 96 € jusqu’à la fin novembre.
À l’expiration, si le cours d’Air Liquide reste au-dessus de 96 €, l’option s’éteint : A1 n’exerce pas son droit, V1 conserve la prime, A1 l’a perdue. Si le cours passe sous 96 €, A1 exerce son option. Le prix de vente effectif, prime comprise, revient à 93 €. V1 doit alors acheter à 96 € ; sa perte commence sous 93 € (prime déduite).
Si tout cela paraît complexe, rassurez-vous : avec la pratique, on s’approprie vite ces mécanismes. C’est l’expérience qui fait progresser, et la répétition aide à fixer les idées.
Dompter les options, pas à pas
Les options pâtissent souvent d’une mauvaise réputation. Leur jargon, leurs « contrats », « primes », « dates d’expiration », « puts », « calls », « prix d’exercice »… tout cela peut impressionner au début.
S’ajoutent les récits (parfois exagérés) de pertes spectaculaires. Il est vrai qu’un manque de vigilance peut coûter cher : les investisseurs peu aguerris peuvent rapidement se brûler les ailes. Ce guide, et les cours proposés sur mon site, visent justement à vous aider à progresser, étape par étape, pour éviter les erreurs de débutant et comprendre les subtilités des options.
On peut utiliser les options de plusieurs manières :
- Stratégies spéculatives : il existe de nombreuses techniques pour investir intelligemment avec les options.
- Stratégies de rendement via la capture de primes : par exemple, les options « REIT » dans mon portefeuille ou la méthode Zenoption, qui se concentre sur certaines primes spécifiques.
- Techniques de couverture pour sécuriser une position en actions existante (voir ma formation « Protection maximale : transformer un bunker en guichet automatique »).
Quand on s’y penche, les options ne sont pas si mystérieuses : elles s’échangent en bourse comme les actions. L’achat ou la vente passe par un courtier, et leur prix évolue en fonction du marché, comme pour n’importe quel titre.
Quelle différence entre actions et options ?
Une action, c’est la propriété d’une part de société. Acheter une action, c’est acheter un morceau de l’entreprise. Vendre une action, c’est renoncer à ce morceau.
Les options fonctionnent autrement : acheter une option, c’est acquérir un contrat. La somme payée s’appelle la prime.
Chaque contrat ouvre un droit sur 100 actions d’une entreprise :
- le droit de vendre ces 100 actions à un prix fixé d’avance,
- le droit de les acheter à ce même prix fixé d’avance.
Ce prix fixé d’avance, c’est le « prix d’exercice ». Mais attention, le droit n’est valable que pour une période déterminée : chaque option a une date limite, appelée « date d’expiration ». Passé ce jour, il n’est plus possible d’exercer le droit d’achat ou de vente attaché à l’option.
Pour aller plus loin sur les options, un guide PDF et des stratégies simples sont disponibles gratuitement sur le ZenOption Club.
Il existe deux grands types de contrats d’option
Les puts (options de vente) et les calls (options d’achat). Un acheteur de put peut vendre 100 actions à un prix convenu. Un acheteur de call peut acheter 100 actions au prix convenu.
Présentation concrète des options
Pour bien comprendre, rien ne vaut un exemple. Voici une simulation qui met en lumière les différences entre call et put.
Supposons que vous possédez 100 actions Ford (symbole F sur le NYSE). Nous sommes en juillet, le titre vaut 15 $.
Acheter un put
Comme tout investisseur, vous voulez vous prémunir contre une chute du cours, mais sans vendre vos actions, au cas où le titre s’envole. La solution : acheter une option de vente. Vous pouvez acquérir un put Ford, prix d’exercice 15 $, échéance en octobre. Ainsi, si le cours s’écroule, vous êtes assuré de pouvoir vendre vos titres pour 15 $, et ce, jusqu’à fin octobre.
Les options s’échangent en bourse, à l’instar des actions. Imaginons que le put s’échange à 1 $ (la prime). Comme chaque contrat porte sur 100 actions, il vous en coûtera 100 $ pour cette couverture. (Les sites affichent la prime à l’unité, à multiplier par 100.)
En résumé, vous investissez 100 $ pour un put Ford à 15 $ d’exercice, échéance octobre. Ce contrat vous donne le droit de vendre 100 actions Ford à 15 $ jusqu’à la fin octobre. Vous êtes donc protégé en cas de chute brutale. Ce droit prend fin le troisième vendredi d’octobre, à l’expiration du contrat. Le coût de cette « assurance » : 100 $.
Même si l’action Ford tombait à 1 $, vous pourriez toujours vendre à 15 $. Il suffit de demander à votre courtier d’exercer l’option, qui s’occupe du reste.
Si vous n’utilisez pas votre option avant l’échéance, elle s’éteint, et vous perdez la prime de 100 $.
Si Ford reste au-dessus de 15 $, l’option ne sera pas exercée. Inutile de vendre à 15 $ quand le marché propose mieux. Au-delà, la prime versée est perdue, mais vous conservez vos actions.
L’option agit comme une assurance : vous payez une prime, et si vous n’en avez pas besoin, elle reste acquise au vendeur de l’option.
Acquérir un call
Les calls, eux, fonctionnent à l’inverse. Mettons que nous sommes en juillet : vous songez à acheter des actions AT&T (symbole T sur le NYSE), qui valent 30 $. Vous anticipez une hausse d’ici trois mois, mais le doute subsiste.
Vous pourriez acheter les actions immédiatement à 30 $. Mais une autre approche consiste à acquérir un call AT&T, prix d’exercice 30 $, échéance octobre. La prime s’élève à 1 $ par action, soit 100 $ pour le contrat.
Si vous payez cette prime, vous obtenez le droit d’acheter 100 actions AT&T à 30 $ pièce jusqu’à la fin d’octobre. Si le titre grimpe à 33 $ avant l’échéance, vous exercez l’option, achetez 100 actions à 30 $ (au lieu de 33 $), puis les vendez au prix du marché : 300 $ de gain immédiat, une fois soustraite la prime de 100 $, il reste 200 $ de bénéfice net.
Si AT&T ne dépasse jamais 30 $, inutile d’exercer l’option. Pourquoi payer 30 $ quand le marché propose moins ? Dans ce cas, à l’échéance, votre droit disparaît, tout comme la prime versée.
C’est le prix de l’assurance : vous avez payé pour pouvoir acheter à bon compte, mais si la hausse espérée n’a pas lieu, la prime est perdue.
Mais la réalité est plus nuancée : beaucoup d’investisseurs achètent des options pour spéculer, pas seulement pour se couvrir. Leur pari ? Profiter de la variation de valeur des contrats d’option, qui fluctuent comme les actions. Certains achètent une option pour la revendre plus cher, sans jamais posséder l’actif sous-jacent.
Pour terminer
Si certains points restent flous, pas d’inquiétude : la pratique et les formations disponibles sur ce site permettront d’ancrer progressivement ces logiques et d’approfondir des stratégies comme la méthode de revenus Zenoption. À force d’essayer, les mécanismes des options se révèlent moins intimidants qu’ils n’en ont l’air. Et qui sait ? La prochaine prise de position pourrait bien ouvrir d’autres perspectives inattendues.

