Les signes qui indiquent que vous êtes peut-être androgyne

Définir qui nous sommes au niveau de notre fonction sexuelle est une étape évidente. Cependant, découvrir et se définir avec ce qui se passe entre nos deux oreilles est une autre tâche importante. Se définir comme un homme, une femme, une personne non binaire ou toute autre personne est un défi fastidieux en soi. Qui suis-je ? Quel genre de personnes aimerais-je être plus tard ? Avec quelles personnes ai-je envie de travailler ? Comment me décrirais-je ? Ce sont toutes des questions qui peuvent venir à l’esprit pour votre adolescent.Il n’y a évidemment pas de mauvaise réponse à ses questions, mais pourquoi ne pas essayer de faire l’exercice pendant quelques minutes ? Vos réponses vous parvient-elles naturellement ou rapidement ? Si oui, vous avez pris plusieurs années pour créer ces réponses ? Changer lui-même ? Ou ont-ils été au fil du temps ? Pour votre adolescent, ces questions prendront plus de place dans leur vie quotidienne et toutes ces informations et questions peuvent devenir un défi.

Identité au niveau du genre

Qu’est-ce qui fait de moi une personne ? Est-ce une question purement biologique ? Pour certains, la réponse se trouve dans le corps. Pour d’autres, c’est ailleurs. À la naissance, on attribue un sexe, garçon ou fille, mais cela ne garantit rien sur la façon dont on se perçoit, sur son identité de genre. Ce sentiment d’être homme, femme, les deux, ni l’un ni l’autre ou quelque part entre les deux, naît dans la tête, pas dans les chromosomes.

L’expression de genre varie, parfois subtilement, parfois de façon très marquée : une voix qu’on module, une coupe de cheveux qui n’obéit plus aux codes, des vêtements choisis en dehors des étiquettes. On peut adopter un style « masculin », préférer une allure « féminine », ou opter pour une présentation « androgyne ». Les choix esthétiques, gels, maquillage, habits, chaussures, sont souvent influencés par la société, les modes, ou l’envie de tester ses propres frontières. Presque tout le monde vit, un jour ou l’autre, ce jeu avec les conventions.

Orientation sexuelle

Ici, on parle de cœur et d’attirance. L’orientation sexuelle ne se confond pas avec l’identité de genre : il s’agit de qui attire, qui fait battre le cœur ou suscite le désir. Au fil du temps et des expériences, chacun découvre à qui il ou elle se sent lié, quel type de relation ou de personne l’attire, et parfois, ce cheminement se fait lentement, d’autres fois il surgit par surprise, au détour d’une rencontre, d’une situation qui bouleverse les certitudes.

L’identité de genre, c’est « qui je suis » ; l’orientation sexuelle, « qui j’aime ».

La fameuse question : est-ce « normal » ?

Lorsqu’il s’agit d’épanouissement psychosexuel, le passage à la découverte de la sexualité partagée, celle vécue avec d’autres, fait généralement partie du parcours. Petit rappel, l’âge moyen du premier rapport sexuel au Canada n’a pas bougé depuis des décennies : il tourne autour de 16 à 17 ans. Cette étape, tôt ou tard, déclenche de nombreuses questions, parfois de l’appréhension. Explorer son corps et celui des autres, comprendre les réactions sexuelles, c’est aussi un apprentissage, et il n’est pas rare de traverser des périodes de doute ou de stress.

Si votre adolescent exprime un malaise ou une inquiétude liée à la sexualité, il existe des personnes ressources vers qui se tourner. Les sexologues sont là pour accompagner, écouter et guider. S’il n’y a pas de professionnel disponible dans l’école ou à proximité, il est possible de demander conseil auprès d’autres adultes de confiance, y compris les intervenants de la communauté.

En réalité, il n’existe pas de « norme » universelle en matière de sexualité. Chacun vit cette dimension à sa façon, à son rythme. Ce qui compte, ce sont les droits, le respect des lois, notamment autour du consentement sexuel, et la possibilité de choisir, sans pression extérieure.

Je m’inquiète de l’influence de son entourage sur sa vie sexuelle, que dois-je faire ?

La pression du groupe pèse lourd à l’adolescence. Beaucoup veulent simplement ressembler aux autres, se fondre dans la masse, et l’impression que « tout le monde » est déjà passé par là peut devenir envahissante, même si la réalité est bien plus nuancée. Ce sentiment entraîne parfois des prises de risque : exposition aux ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang), grossesses non désirées… Pour limiter ces dangers, il est nécessaire de donner accès à des informations fiables, à jour et inclusives. Mieux informés, les jeunes prennent des décisions qui leur ressemblent, sans être paralysés par la peur ou précipités par la pression.

Éducation sexuelle : 7 façons d’avoir une vie saine

Apprendre à gérer sa vie affective et sexuelle ne s’improvise pas. Disposer de ressources fiables, savoir où chercher une information sérieuse sur l’éducation sexuelle, c’est déjà un pas vers l’autonomie. Mais la vraie question, c’est : que voulons-nous transmettre à nos enfants ? L’éducation sexuelle va bien au-delà de la technique ou de quelques définitions. Elle prépare à vivre des relations plus équilibrées, à se sentir mieux dans sa peau, à se protéger et à respecter l’autre. Voici différents axes sur lesquels elle agit :

  1. Développer la capacité à vivre sa sexualité et ses relations interpersonnelles de manière saine, en tenant compte des différences de chacun.
  2. Respecter les personnes qui partagent leur vie ou leur quotidien.
  3. Intégrer la notion de respect de soi dans chaque aspect de ses choix.
  4. Être en mesure de prévenir les situations à risque.
  5. Mieux appréhender son identité et communiquer plus facilement sur ses besoins, ses limites.
  6. Vivre une intimité ou une sexualité épanouissante, sans souffrance, sans gêne inutile.
  7. Consulter les ressources appropriées en cas de besoin, et savoir que chercher de l’aide n’est jamais un échec.

Reste à savoir comment garantir cette qualité d’éducation sexuelle pour les adolescents d’aujourd’hui. Faut-il vraiment attendre, ou oser ouvrir la porte dès maintenant ?

LEXIQUE :

Androgyne : personne dont l’expression de genre combine des caractéristiques traditionnellement associées aux stéréotypes dits masculins et féminins.

Développement psychosexuel : processus individuel qui touche à la fois le biologique, l’émotionnel, le cognitif, le social, le moral, le spirituel, ainsi que les aspects éthiques et juridiques de la sexualité.

A voir sans faute